ACESTIL : les données préliminaires en région Sud

L’enquête nationale Acestil (Analyse des Conditions d’Exercice et de la Santé au Travail des Infirmier·ères Libéraux·ales), portée par une équipe de chercheurs de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Université Paris-Est Créteil diffusée en région par l’URPS Infirmiers PACA, vise à analyser l’évolution des conditions d’exercice et de la santé au travail des infirmier·ères libéraux·ales entre 2019 et 2025.

En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, 205 professionnel·les ont répondu à l’enquête soit plus de 10% de l’échantillon national.

Les données font l’objet de travaux d’analyse par les chercheurs universitaires, cependant nous pouvons d’ores et déjà vous communiquer quelques tendances pour notre région Sud !

Un profil régional proche de la moyenne nationale

  • 83,9 % des répondant·es sont des femmes.
  • L’âge moyen est de 51,7 ans.
  • L’année moyenne d’installation en libéral est 2007.

Plus de la moitié (53,2 %) ont déjà exercé en clinique et 39 % en centre hospitalier. 56,6 % ont déjà travaillé en cabinet et 8,3 % en maison de santé pluriprofessionnelle.

Une activité soutenue, mais des transformations du travail

Charge de travail

En 2025 :

  • 9,9 heures travaillées en moyenne par jour (contre 10,4h en 2019).
  • 30,6 patients vus par jour.
  • 21 % du temps consacré aux tâches administratives (en hausse par rapport à 2019).

La première vague Covid (2020) a marqué un pic d’activité (11 heures/jour, 32,5 patients/jour), suivi d’un retour partiel à la normale.

Des contraintes toujours élevées

En 2025 :

  • 86,8 % jugent leur travail physiquement exigeant.
  • 62,9 % déclarent avoir travaillé sous pression.
  • 79,5 % ont dû penser à trop de choses à la fois.
  • 35,6 % ont dû prendre des mesures au-delà de leurs prérogatives.
  • 27,3 % ont déjà eu peur pour leur sécurité ou celle d’autrui.

Les scores globaux de pénibilité physique, organisationnelle et psychosociale restent plus élevés qu’en 2019, malgré une amélioration par rapport à 2020.

Point positif : le score d’isolement social reste stable et les relations entre collègues sont majoritairement jugées bonnes (94,1 %).

Une dégradation préoccupante de l’état de santé

C’est l’un des résultats les plus marquants en région Provence Alpes Côte d’Azur.

Entre 2019 et 2025 :

  • La part des infirmier·ères se déclarant en bonne santé est passée de 91,2 % à 49,8 %.
  • 40 % déclarent au moins une maladie chronique (contre 21,5 % en 2019).
  • 27,8 % déclarent une limitation d’activité (contre 6,8 % en 2019).
  • 45,9 % se disent sévèrement ou extrêmement anxieux·ses.
  • 27,8 % se disent sévèrement ou extrêmement déprimé·es.

Ces indicateurs montrent une dégradation durable de la santé physique et mentale depuis la crise sanitaire, sans retour au niveau antérieur.

Des interrogations fortes sur l’avenir professionnel

  • 25,4 % regrettent leur activité professionnelle actuelle.
  • 18,5 % envisagent de changer d’activité dans les 5 ans.
  • 21,5 % envisagent un départ à la retraite.
  • 21 % déclarent que leur situation ne leur convient pas mais qu’ils n’ont pas d’alternative.

Si 68,3 % restent satisfaits de la qualité de prise en charge des patients, seuls 43,9 % sont satisfaits de leur revenu et 57,1 % de leur qualité de vie.

Ces résultats préliminaires soulignent des enjeux majeurs pour l’attractivité et la pérennité de l’exercice libéral infirmier en PACA, nous vous invitons à poursuivre la réflexion et à partager des solutions concrètes lors du Forum Régional de l’Infirmière Libérale, le 19 mai 2026, autour d’un thème plus que jamais d’actualité : « Soigner sans s’épuiser ».

Partager sur :