Des flambées épidémiques de grande ampleur et des cas sporadiques sont notifiés essentiellement dans les Amériques en Asie et en Afrique ainsi que des flambées plus occasionnelles de plus faible ampleur en Europe.
En ce mois de juin 2025, l’Agence Régionale de Santé (ARS) PACA a signalé plusieurs cas autochtones de chikungunya dans le département des Alpes-Maritimes, notamment dans les secteurs de Nice et Cannes. Il s’agit de personnes n’ayant pas voyagé récemment dans des zones endémiques, ce qui suggère une transmission locale par le moustique tigre (Aedes albopictus).
Le chikungunya est une maladie virale transmise par la piqûre d’un moustique infecté. Ses symptômes principaux sont :
- Fièvre brutale (>38,5°C)
- Douleurs articulaires importantes (souvent invalidantes) voire tuméfaction des articulations
- Céphalées, myalgies
- Éruption cutanée possible
- Asthénie marquée
L’évolution est en général bénigne, mais les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs semaines, voire mois.
- Deux vaccins contre le chikungunya ont été homologués dans plusieurs pays et ou recommandés pour les populations à risque mais ils ne sont pas encore largement disponibles et leur utilisation n’est pas généralisée
- Le vaccin IXCHIQ®, du laboratoire Valneva a été autorisé en Europe depuis l’été 2024. Il est administré par voie musculaire en une seule dose.
Suite à l’avis de la HAS du 25 avril 2025, les personnes de 65 ans et + ne doivent pas se faire vacciner.
Ce vaccin étant un vaccin vivant atténué, il est de fait contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées. La possibilité de vaccination durant la grossesse doit être évaluée au cas par cas avec votre professionnel de santé.
Le vaccin est pris en charge par l’ARS. Il est gratuit pour les personnes ciblées prioritairement par la campagne : les personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités et n’ayant pas déjà contracté le chikungunya par le passé.
Cependant ce vaccin comporte des effets indésirables :
Les effets indésirables les plus fréquents sont une douleur au point d’injection, des maux de tête, sensations de malaise, de la fatigue, des douleurs musculaires ou articulaires, de la fièvre et des nausées.
Même si vous êtes vaccinés contre le chikungunya, il est conseillé de continuer à se protéger contre les piqûres de moustiques, surtout dans les zones où les moustiques tigres circulent.
Après vaccination, les anticorps protecteurs contre le chikungunya sont produits dans 99% des cas, environ un mois après l’injection. Des études ont montré que les anticorps pouvaient persister jusqu’à 3 ans chez les personnes vaccinées.
Comme pour tout vaccin, une protection immunitaire ne peut pas être garantie chez toutes les personnes après la vaccination. Il est donc recommandé de continuer à prendre des mesures de protection contre les piqûres de moustiques après la vaccination.
Il n’existe pas de traitement anti viral spécifique pour l’infection par le virus Chikungunya mais des médicaments antipyrétiques et analgésiques comme le paracétamol pour la fièvre et les douleurs permettent de soulager les symptômes.
▶️ Vigilance professionnelle accrue pour les IDEL
En tant qu’infirmier(e) libéral(e), vous jouez un rôle clé dans la détection, l’information et la prévention.
Voici les conduites à tenir dans ce contexte :
- Soyez attentif aux signes cliniques évocateurs de chikungunya chez vos patients, même en l’absence de voyage.
- En cas de doute, orientez rapidement vers le médecin traitant ou les services d’infectiologie pour confirmation virologique.
- Le délai d’incubation est 1 semaine après une piqûre
- Tout cas suspect ou confirmé doit être signalé sans délai à l’ARS PACA par le médecin traitant.
- Notez les coordonnées des patients, leurs lieux de vie, et leur entourage immédiat (notamment s’il y a des personnes fragiles).
- Informez vos patients sur les mesures de protection contre les piqûres de moustiques :
- Port de vêtements couvrants
- Répulsifs cutanés adaptés
- Moustiquaires, diffuseurs
- Élimination des eaux stagnantes autour du domicile
- Rappelez que le moustique tigre pique le jour, en particulier au lever et au coucher du soleil.
L’ARS PACA met en ligne la chek list des gestes utiles : https://www.paca.ars.sante.fr/comment-se-proteger-des-maladies-transmises-par-le-moustique-tigre
.
↘️ Zones concernées à ce jour
Selon les données de l’ARS au 17 juin 2025 :
- Alpes-Maritimes (Nice, Cannes, Antibes)
- Bouches-du-Rhône (Marseille en surveillance renforcée)
- Extension possible dans les semaines à venir selon les conditions climatiques.
Face au premier foyer identifié dans le Var, à la Crau, l’ARS PACA, Santé publique France et l’EID Méditerranée ont déclenché un plan d’action immédiat :
- Démoustication ciblée : traitements dans la rue et les jardins privés autour du domicile du malade.
- Enquête porte-à-porte : pour identifier d’éventuels cas non déclarés et diffuser les consignes sanitaires.
- Mobilisation des soignants : pour accélérer le dépistage et la prise en charge.
📞 Ressources et contacts utiles
- ARS PACA : https://www.paca.ars.sante.fr/surveillance-epidemiologique-et-veille-sanitaire
- Signalement d’un cas suspect : via le portail https://signalement-sante.gouv.fr
- Bulletin de santé publique PACA : www.santepubliquefrance.fr
