Déshydratation des personnes âgées : une vigilance constante des infirmiers libéraux

La déshydratation chez les personnes âgées représente une cause fréquente de complications, d’hospitalisations évitables et de perte d’autonomie. À domicile, les infirmiers libéraux occupent une place centrale dans le dépistage précoce, la prévention et l’accompagnement des patients fragiles. Pourtant, les signes de déshydratation restent souvent discrets, atypiques ou confondus avec le vieillissement normal.

Avec l’avancée en âge, plusieurs mécanismes physiologiques favorisent la déshydratation :

  • diminution de la sensation de soif ;
  • baisse de la masse hydrique corporelle ;
  • altération de la fonction rénale ;
  • dépendance physique ou cognitive limitant l’accès à la boisson ;
  • polymédication (diurétiques, laxatifs, neuroleptiques…) ;
  • épisodes infectieux ou fortes chaleurs.

À domicile, certains facteurs aggravants doivent également alerter :

  • isolement social ;
  • troubles cognitifs ;
  • dénutrition ;
  • peur de l’incontinence ;
  • difficultés de déglutition ;
  • logement surchauffé en période estivale.

Chez la personne âgée, la déshydratation ne se manifeste pas toujours par une soif importante. Les premiers signes peuvent être subtils :

  • fatigue inhabituelle ;
  • confusion ou agitation ;
  • somnolence ;
  • perte d’appétit ;
  • constipation ;
  • hypotension orthostatique ;
  • chute récente ;
  • bouche sèche ;
  • urines foncées ou rares ;
  • aggravation de la dépendance.

Dans les formes plus sévères peuvent apparaître :

  • tachycardie ;
  • hyperthermie ;
  • insuffisance rénale aiguë ;
  • troubles neurologiques ;
  • malaise ou hospitalisation en urgence.

La déshydratation chez la personne âgée n’est jamais anodine. Derrière une fatigue, une confusion ou une chute peut se cacher un déficit hydrique sévère. Grâce à leur proximité avec les patients, les infirmiers libéraux sont des acteurs clés du repérage précoce et de la prévention.

Le suivi régulier au domicile permet une surveillance privilégiée. L’infirmier peut :

Évaluer les apports hydriques

  • vérifier la consommation quotidienne ;
  • repérer les difficultés d’accès aux boissons ;
  • adapter les contenants (verre léger, gourde, paille, verre gradué).

Identifier les patients à haut risque

Une vigilance renforcée est nécessaire chez :

  • les patients atteints de maladies neurodégénératives ;
  • les personnes dépendantes ;
  • les patients sous diurétiques ;
  • les sujets récemment infectés ;
  • les patients porteurs de troubles de déglutition.

Surveiller les signes d’alerte

Une attention particulière doit être portée :

  • au poids ;
  • à la tension artérielle ;
  • au comportement ;
  • à la fréquence des urines ;
  • à l’état cutané et muqueux.

Éduquer l’entourage

Les aidants jouent un rôle fondamental. Il est utile de rappeler :

  • qu’il faut boire avant d’avoir soif ;
  • qu’un objectif minimal d’hydratation doit être maintenu ;
  • que les boissons peuvent être variées : eau, tisanes, bouillons, compotes, fruits riches en eau.

Selon le bulletin régional de Santé publique France PACA – Bilan été 2025 :

  • près de 2 800 recours aux soins d’urgence liés aux fortes chaleurs ont été enregistrés en PACA durant l’été 2025 ;
  • environ deux tiers des passages aux urgences ont conduit à une hospitalisation ;
  • les personnes de 75 ans et plus ont été les plus touchées ;
  • la région PACA a été la région française la plus impactée en mortalité liée à la chaleur ;
  • plus de 710 décès attribuables à la chaleur ont été estimés sur l’été 2025 ;
  • pendant les épisodes caniculaires, près de 450 décès ont été attribués à la chaleur ;
  • plus des deux tiers de ces décès concernaient des personnes âgées de 75 ans et plus.

Les données recueillies par Santé Publique France précisent que :

  • les passages aux urgences pour déshydratation et hyperthermie augmentent fortement lors des épisodes de chaleur ;
  • les personnes âgées de 75 ans et plus représentent :
    • 51 % des passages aux urgences ;
    • 66 % des hospitalisations liées aux fortes chaleurs

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