Le numérique en santé est aujourd’hui un levier fort pour transformer les pratiques des professionnels de santé.
Pour les infirmiers libéraux, cela se traduit par :
une interconnexion des outils, des plateformes et des systèmes d’information,
de nouvelles modalités (télésoin, télésanté, objets connectés) qui viennent compléter l’exercice à domicile ou en cabinet,
- une simplification administrative et une reconnaissance croissante de leurs missions, ce qui passe aussi par le numérique
L’intelligence artificielle (IA) s’invite également progressivement dans le quotidien des infirmiers libéraux. Si elle peut paraître encore abstraite, elle a déjà un impact concret sur plusieurs aspects du métier.
🔍 Une aide à la décision et au suivi des patients
L’IA est de plus en plus utilisée pour analyser des données de santé (dossier patient, constantes, antécédents, etc.) et aider à repérer des signaux faibles.
Par exemple :
des applications peuvent signaler une évolution anormale de la tension, de la glycémie ou du poids d’un patient suivi à domicile ;
certains logiciels de suivi infirmier utilisent déjà des algorithmes pour proposer des alertes de risque (chute, décompensation, aggravation).
Ces outils ne remplacent pas le jugement de l’infirmier, mais complètent son regard clinique en apportant une aide rapide et objective.
Votre URPS s’est associé les compétences du Centre d’Innovation
et d’Usage en Santé pour mener une expérimentation sur la téléconsultation avec
stéthoscopes connectés
💻 Des outils administratifs plus intelligents
L’IA simplifie aussi les tâches chronophages :
rédaction automatique de comptes rendus ou de transmissions ;
reconnaissance vocale pour remplir les dossiers ;
tri et classement automatiques des documents de soins ou des ordonnances.
🤝 Une meilleure coordination et communication
L’IA peut faciliter la coordination entre professionnels :
en proposant des outils de partage d’informations sécurisés, capables d’identifier les intervenants concernés ;
ou en aidant à planifier les tournées et à optimiser les trajets selon les rendez-vous et les priorités médicales.
Cela améliore la qualité du suivi, réduit le stress logistique et favorise une prise en charge plus fluide du patient.
⚖️ Des limites et des précautions à garder en tête
L’IA ne remplace pas l’humain. Elle reste un outil d’aide.
Les infirmiers doivent aussi rester vigilants sur :
la protection des données de santé : seules les solutions certifiées et sécurisées doivent être utilisées ;
la formation : comprendre comment fonctionnent ces outils évite les erreurs d’interprétation ;
l’éthique : l’IA ne doit jamais altérer la relation humaine ni la confidentialité des soins
En Europe
Le cadre réglementaire européen évolue rapidement :
Le AI Act (Règlement sur l’intelligence artificielle) de l’UE vise à encadrer la mise sur le marché et l’utilisation des systèmes d’IA, selon leur niveau de risque. G_NIUS+1
L’Espace européen des données de santé (EHDS) est un chantier majeur pour structurer le partage et l’usage secondaire des données de santé entre États membres. Cela va avoir un impact direct sur les données et outils que vous pouvez utiliser.
En France
L’objectif 👉 permettre un déploiement structuré, éthique, responsable et sécurisé de l’intelligence artificielle dans le système de santé français.
Plusieurs dispositifs pour cela :
🟢 La Feuille de route du numérique en santé 2023‑2027 (« Mettre le numérique au service de la santé ») qui comprend 4 axes (Prévention, Prise en charge, Accès à la santé, Cadre propice) et 18 priorités/65 objectifs. G_NIUS
Dans cet esprit, l’IA et les données de santé sont clairement intégrées comme leviers d’innovation, d’efficacité et de fluidification du parcours.
Exemple concret : l’axe « Prise en charge » vise à « redonner du temps aux professionnels de santé et améliorer la prise en charge des personnes grâce au numérique ». G_NIUS
🟢 La publication de l’« État des lieux de l’intelligence artificielle en santé en France » (février 2025) : ce document pose le cadre, les enjeux, et mentionne explicitement l’IA au service des professionnels et des patients. Ministère de la Santé avec un état des lieux où l’on retrouve pointé le lancement d’une expérimentation pilote CNAM HAS pour accompagner les Médecins généralistes dans leurs pratiques cliniques, un observatoire de IA en santé (DGOS ANAP) ainsi que l’annonce de l’outil de modélisation Ju.N.I.oR ( Agence de l’innovation en santé DGOS ).
🟢 Dans le cadre de la feuille de route du numérique en santé et en articulation avec la stratégie nationale sur les données de santé, le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles a lancé une concertation publique autour de la future stratégie « Intelligence artificielle au service de la santé ». Cette consultation qui s’est déroulée de juillet à septembre 2025 s’appuie sur un travail de coconstruction engagé dès janvier 2025 avec l’ensemble des parties prenantes (professionnels de santé, patients, industriels, chercheurs, usagers, institutions) réunies au sein d’un groupe de travail du Conseil du Numérique en Santé.
Ces textes montrent que l’IA n’est pas seulement un sujet hospitalier ou de recherche, mais qu’elle concerne les professionnels de ville. Ils prévoient explicitement un accompagnement des professionnels dans la transition numérique/IA.
Vous pouvez lire également l’article sur TRicsanté qui soulève les préoccupations sur le passage à l’échelle.
Lancée en juillet 2021, la vague 1 du Ségur du numérique en santé se centre sur la conformité aux services socles indispensables pour permettre la diffusion systématique de l’information médicale, vers le patient avec l’alimentation de son profil Mon espace santé, et vers les autres professionnels du parcours de soins avec l’utilisation de la messagerie sécurisée de santé.
Si la vague 1 concernait, pour les acteurs de ville, les logiciels de cabinet de médecine de ville et les logiciels d’officine, mais aussi les dispositifs comme les services de messagerie sécurisée et d’agenda pour les SAS,
La vague 2 a été lancée en mai 2024, avec la publication des premiers textes règlementaires pour le Couloir Hôpital. Elle vise à compléter le socle de la vague 1 et à renforcer la sécurité des systèmes d’information avec l’ambition de :
- faciliter la consultation de l’information disponible dans Mon espace santé par les professionnels de santé ;
- faciliter l’intégration des documents médicaux numériques reçus par MSSanté ;
- renforcer la sécurité des systèmes d’information et de l’accès à leurs données ;
- améliorer les usages clés (qualification de l’INS et alimentation systématique du DMP) ;
- étendre le périmètre des logiciels concernés à 3 nouveaux couloirs (Sage-femme, Chirurgien-dentiste, Paramédical).
Les travaux de la vague 2 couloir Médecin de ville viennent juste d’être clôturés au 15 octobre 2025 sur des fonctionnalités basiques, les travaux sont en cours pour les cabinets paramédicaux ! Agence numérique en santé