L’été, une période à risque : vigilance pour tous, prévention pour chacun
La période estivale, synonyme de chaleur, de soleil et d’activités en extérieur, s’accompagne aussi d’une recrudescence de brûlures cutanées et d’une exposition excessive aux rayonnements UV. Ces situations peuvent entraîner des conséquences immédiates (coups de soleil, brûlures du 1er degré) mais aussi différées, notamment en augmentant le risque de développer un cancer de la peau, comme le mélanome ou les carcinomes.
Les infirmiers libéraux, au contact quotidien de patients souvent fragiles (personnes âgées, enfants, malades chroniques), ont un rôle clé dans la prévention. Ils peuvent informer leurs patients et leur permettre d’adopter des conseils adaptés à leurs observations cliniques, dans le respect de leur cadre de compétences.
Type de brûlure : généralement de 1er degré (érythème, douleur, chaleur) voire 2e degré superficiel (vésicules).
Mécanisme : les UVB (280–320 nm) induisent une dénaturation des protéines de la couche épidermique, une inflammation locale (libération de cytokines pro-inflammatoires : IL-1, TNF-α), et une apoptose kératinocytaire (sunburn cells).
Risques accrus chez :
Patients sous médicaments photosensibilisants : doxycycline, kétoprofène topique, furosémide, amiodarone, chlorpromazine.
Patients présentant un syndrome polymédicamenteux, notamment les personnes âgées.
Patients à mobilité réduite ou alités près de fenêtres (effet loupe, absence de protection solaire).
UVB : mutations directes de l’ADN (formation de dimères de pyrimidine), touchant principalement le gène suppresseur de tumeur p53.
UVA (320–400 nm) : stress oxydatif, production de radicaux libres, dommages indirects à l’ADN.
3 types de cancers cutanés non-mélaniques :
Carcinome basocellulaire : le plus fréquent, croissance lente, rare métastase.
Carcinome spinocellulaire : potentiellement invasif, souvent précédé d’une kératose actinique.
Mélanome : le plus agressif, souvent issu d’un nævus préexistant ; fort potentiel métastatique.
Surveillance cutanée dans le cadre des soins : inspection systématique des zones exposées lors des soins d’hygiène, de pansements ou de suivi chronique.
Reconnaissance de signes d’alerte cutanés :
Lésions érythémateuses douloureuses après exposition.
Apparition de lésions pigmentées asymétriques, irrégulières, évolutives : règle ABCDE.
Plaques kératosiques ou croûteuses, non cicatrisantes : suspicion de kératose actinique ou carcinome épidermoïde.
Ulcérations, nodules perlés : évocateurs de carcinome basocellulaire.
Information ciblée sur la photoprotection :
Port de vêtements anti-UV, chapeaux à large bord, lunettes certifiées UV400.
Crèmes solaires à indice 50+ à large spectre (UVA/UVB) ; application toutes les 2 heures, y compris chez les enfants et les patients âgés.
Éviter exposition entre 11h et 16h.
Conseils d’auto-surveillance dermatologique :
Suivi des lésions pigmentées.
Consultation annuelle chez le dermatologue pour les patients à risque élevé.
Repérage des patients à risque élevé :
Phototype clair (I et II selon Fitzpatrick).
Antécédents de coups de soleil sévères durant l’enfance.
ATCD personnels ou familiaux de mélanome ou carcinome.
Traitements immunosuppresseurs (ex. : greffés, patients sous anti-TNF).
Orientation médicale rapide :
En cas de lésion suspecte : relais avec médecin traitant ou dermatologue.
En cas de brûlure étendue ou infectée : prescription possible dans le cadre du rôle prescripteur (pansements, soins locaux), puis orientation médicale.
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Pas de diagnostic médical ni dermatologique.
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Possibilité de :
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Conseiller, éduquer, prévenir, surveiller cliniquement.
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Rédiger une fiche de liaison ou un courrier de signalement au médecin.
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Prescrire des dispositifs médicaux (pansements pour brûlures superficielles).
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