Le cancer demeure l’un des principaux enjeux de santé publique en France. Mais si les traitements restent majoritairement pilotés par les équipes hospitalières, la réalité du parcours patient a profondément évolué : aujourd’hui, l’immense majorité des soins, du suivi et de l’accompagnement se déroule en ville et au domicile.
Cette transformation est au cœur de la feuille de route 2026-2030 de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers.
Cette nouvelle étape repose sur cinq priorités majeures :
- bâtir une génération prévention,
- proposer un dépistage pour chacun,
- construire un parcours de santé augmenté,
- bâtir un service public du cancer
- et libérer le potentiel de la recherche et des données.
Dans ce contexte, les infirmiers libéraux et les infirmiers en pratique avancée occupent une place de plus en plus stratégique. Prévention, dépistage, télésurveillance, coordination des soins ou encore accompagnement des patients : plusieurs innovations récentes viennent renforcer leur rôle dans les parcours oncologiques.
Dans le cadre des expérimentations Article 51, le programme INTERCEPTION, initié par Gustave Roussy et sous pilotage opérationnel par Unicancer, vise à identifier précocement les personnes présentant un risque élevé de développer un cancer afin de leur proposer un parcours personnalisé de prévention et de dépistage.
Le lien de la vidéo explicative du programme INTERCEPTION👉 https://youtu.be/ILkwjkAKuVg?si=Z8QoQcycQZxJCHLp
Déployé désormais dans plusieurs régions françaises, ce dispositif s’appuie sur une coordination renforcée entre les centres experts, les professionnels de santé de ville et les patients eux-mêmes.
Pour les infirmiers libéraux, cette approche ouvre de nouvelles perspectives. Grâce à leur proximité avec les patients, ils contribuent au repérage des facteurs de risque, à l’éducation en santé, à la promotion des comportements favorables et à l’accompagnement des démarches de dépistage.
Les infirmiers diplômés d’État peuvent remettre directement les kits de dépistage aux personnes éligibles âgées de 50 à 74 ans après vérification des critères requis. Cette mesure vise à faciliter l’accès au dépistage et à améliorer le taux de participation de la population.
Pour les infirmiers libéraux, cette mission représente une opportunité supplémentaire d’agir en prévention lors des visites à domicile ou des consultations de suivi. Elle permet également d’aborder plus facilement avec les patients les questions relatives aux facteurs de risque, aux symptômes d’alerte et à l’importance du diagnostic précoce. L’INCa souhaite désormais aller plus loin avec une approche personnalisée du dépistage afin de mieux atteindre les populations éloignées du système de santé et réduire les inégalités territoriales.
Prochainement en septembre nous vous proposerons avec le CRCDC un webinaire sur ce sujet, dans l’attente le CRCDC met à disposition sur son site un webinaire enregistré GRATUIT à disposition des infirmiers libéraux.
mémo : l’avenant 11 donne ainsi une place à la remise du kit par les infirmiers libéraux et les IPA avec une rémunération de 3 € pour la remise du kit via le code traceur RKD, puis 2 € supplémentaires lorsque le patient réalise effectivement le test à la suite de cette remise.
L’autre transformation majeure concerne l’organisation même des soins ; entre deux consultations spécialisées, les patients poursuivent l’essentiel de leur parcours à domicile : surveillance des traitements, gestion des effets secondaires, soins techniques, soutien psychologique, accompagnement des aidants ou encore soins de support.
Les infirmiers libéraux sont alors des acteurs incontournables du suivi quotidien des patients atteints de cancer. Ils sont souvent les premiers à détecter une complication, une altération de l’état général ou une difficulté d’observance nécessitant une intervention rapide. En ville comme à domicile, les IPA contribuent à sécuriser les parcours, à renforcer les liens entre les différents professionnels et à prévenir les ruptures de soins.
Cette organisation répond directement à l’une des priorités majeures de la feuille de route 2026-2030 : construire un « parcours de santé augmenté », plus fluide, plus coordonné et davantage centré sur le patient.
Plusieurs programmes de télésurveillance permettent aux patients de signaler à distance leurs symptômes et effets indésirables liés aux traitements. Les informations sont analysées en temps réel par les équipes soignantes qui peuvent intervenir rapidement en cas d’alerte.
Ces dispositifs s’appuient également sur la téléexpertise, permettant aux professionnels de santé de solliciter l’avis d’un spécialiste sans déplacement du patient.
Pour les infirmiers libéraux, ces nouvelles organisations favorisent une meilleure coordination avec les équipes hospitalières et facilitent le partage d’informations cliniques utiles à la prise de décision.
L’INCa fait de ces outils numériques un levier majeur pour améliorer la qualité, la sécurité et l’efficience des parcours tout en limitant les hospitalisations évitables.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, plusieurs établissements ont déjà intégré la télésurveillance dans les parcours de cancérologie. L’Institut Paoli-Calmettes à Marseille, le Centre Antoine Lacassagne à Nice ou encore l’Hôpital Européen de Marseille développent des solutions numériques permettant le suivi à distance des symptômes et des effets secondaires des traitements. Coordonnés par le Dispositif Spécifique Régional du Cancer OncoPaca-Corse, ces programmes illustrent la volonté régionale de renforcer les parcours à domicile, de fluidifier la coordination entre la ville et l’hôpital et de réduire les hospitalisations évitables.
Les infirmiers libéraux y occupent une place centrale en assurant le relais quotidien auprès des patients et en participant à la détection précoce des situations à risque.
Etablissements utilisateurs de la télésurveillance en oncologie :
» Institut Paoli-Calmettes (Marseille)
L’Institut Paoli-Calmettes (IPC), centre régional de lutte contre le cancer membre d’Unicancer, est l’un des établissements les plus avancés dans le suivi à distance des patients en cancérologie. L’IPC développe depuis plusieurs années des parcours numériques permettant le suivi des symptômes, des toxicités des traitements et la coordination ville-hôpital. L’établissement participe également à plusieurs projets nationaux d’innovation organisationnelle en oncologie.
» Hôpital Européen de Marseille
L’Hôpital Européen a officiellement déployé depuis fin 2023 la solution de télésurveillance oncologique Resilience. Les patients atteints de cancer renseignent régulièrement leurs symptômes depuis leur domicile, permettant aux équipes soignantes d’intervenir précocement en cas d’alerte.
» Centre Antoine Lacassagne (Nice)
Le Centre Antoine Lacassagne, centre régional de lutte contre le cancer de Nice, est engagé dans les programmes de suivi numérique et de coordination des parcours en cancérologie.
