Prescription infirmière en 2026 : une nouvelle étape pour la reconnaissance de la profession

En 2026, le droit de prescription infirmier évolue et renforce la place des infirmiers dans le parcours de soins. Produits de santé, examens complémentaires, vaccination : les compétences des IDE s’élargissent, tandis que les IPA bénéficient d’un champ de prescription encore plus étendu.

👉 arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des produits de santé et examens complémentaires que les infirmiers diplômés d’Etat sont autorisés à prescrire ou à renouveler ; il abroge notamment les dispositions antérieures relatives à la prescription des dispositifs médicaux et des vaccins.

Une avancée importante, qui répond à une réalité de terrain : les infirmiers sont déjà au cœur du parcours de santé des patients, particulièrement dans les territoires où l’accès aux médecins est parfois difficile.

Ces nouvelles responsabilités s’accompagnent d’un enjeu majeur : donner aux infirmiers les moyens de les exercer pleinement, grâce à la formation, à des outils numériques adaptés et à la reconnaissance de leur expertise clinique.

Une évolution cohérente avec les besoins des patients

Cette évolution doit être replacée dans un contexte plus large : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, développement du maintien à domicile, difficultés d’accès aux soins et pénurie médicale dans certains territoires.

Dans ce contexte, continuer à demander systématiquement l’intervention d’un autre professionnel pour chaque décision relevant directement de l’expertise infirmière peut constituer une perte de temps pour le professionnel, mais surtout une perte de chance d’efficacité pour le patient.

Permettre à l’infirmier de prescrire dans son champ de compétences, c’est donc aussi : simplifier le parcours du patient, réduire les ruptures de prise en charge et mieux utiliser les compétences disponibles sur les territoires.

Les dispositions de l'arrêté du 26 juin 2026 : un droit de prescription encadré pour les infirmiers

▶️ Vaccination

Les infirmiers peuvent prescrire les vaccins prévus par le calendrier vaccinal et inscrire l’information dans le carnet de santé/carnet de vaccination ou le DMP  :

  • aux personnes âgées de 11 ans et plus, selon les recommandations vaccinales ;
  • à l’exception des vaccins vivants atténués chez les personnes immunodéprimées ;
  • les vaccins contre la grippe saisonnière peuvent être prescrits aux personnes de 11 ans et plus, qu’elles soient ou non ciblées par les recommandations ;
  • les vaccins contre la Covid-19 peuvent être prescrits aux personnes âgées de 5 ans et plus, qu’elles soient ou non ciblées par les recommandations vaccinales.

Attention : la prescription vaccinale reste une compétence encadrée 👉 déclaration de cette activité auprès de son conseil départemental de l’Ordre.

Lorsque la prescription de vaccins n’a pas été enseignée dans la formation initiale, une formation spécifique est requise. Une exception existe pour les infirmiers qui prescrivent uniquement les vaccins contre la grippe saisonnière et la Covid-19.

A noter que les infirmiers disposent également de compétences propres en matière d’administration des vaccins, dans les conditions prévues par le Code de la santé publique et le calendrier vaccinal en vigueur.

▶️ Médicaments

Il ne s’agit pas d’un droit général de prescription médicamenteuse, la prescription reste limitée  :

  • à des antalgiques de palier I selon la classification de l’OMS, y compris dans les indications antipyrétiques
  • et l’adaptation de posologies dans le domaine de la prise en charge de la douleur uniquement selon les indications figurant dans la prescription initiale
▶️ Solutions stériles 
  • prescription de solutions stériles et produits antiseptiques
  • prescription de sérum physiologique à prescription médicale facultative
▶️ Dispositifs médicaux 

Le champs de la prescription comprend différents matériels destinés à la prévention, au maintien de l’autonomie, à l’incontinence, et à l’appareil urogénital ainsi que de nombreux dispositifs destinés à la prise en charge des plaies selon une liste très large déraillée dans l’arrêté en fonction de :

  • la prévention et traitement des plaies ;
  • la prévention des escarres ;
  • la contention ;
  • les dispositifs liés à l’incontinence et à l’appareil urogénital ;
  • les dispositifs de perfusion à domicile ;
  • les dispositifs de nutrition entérale ;
  • les dispositifs de surveillance de la glycémie et du glucose interstitiel ;
  • certains matériels nécessaires au maintien de l’autonomie.
▶️ Examens biologiques

L’infirmier libéral peut prescrire :

  • pour une pathologie connue ou sur symptômes évocateurs : une NFS et les plaquettes, un ionogramme sanguin
  • un ECBU avec antibiogramme si nécessaire
  • une glycémie à jeun ou une glycémie dans certaines situations de déséquilibre du diabète ou d’hypoglycémie
  • une créatininémie, un dosage albuminurie/créatinurie, une HbA1c chez les patients diabétiques connus lorsque l’examen n’a pas déjà prescrit dans les 3 derniers mois
  • le renouvellement du dosage de l’INR dans certaines situations liées au traitement par AVK
▶️ Santé sexuelle

L’arrêté autorise également l’infirmier à renouveler une prescription de contraceptifs oraux datant de moins d’un an, pour une durée maximale de six mois et non renouvelable, sous certaines conditions, prescrire des préservatifs, prescrire une contraception d’urgence, prescrire un dosage de B-HCG pour confirmation et datation d’une grossesse.

▶️ sevrage tabagique

L’infirmier peut prescrire les substituts nicotiniques et un bilan biologique comprenant cholestérol, triglycérides et glycémie à jeun, afin d’évaluer les facteurs de risque cardiovasculaire biologiques.

👉 vous pouvez suivre les webinaires proposés par ARCASUD 

Pour les infirmiers en pratique avancée : une nouvelle étape vers l'exercice clinique avancé

Pour les IPA, l’élargissement du champ de prescription repose notamment sur l’arrêté du 25 avril 2025, qui distingue les prescriptions accessibles à l’ensemble des IPA et celles qui dépendent de leur domaine d’intervention :

  1. des prescriptions pouvant être réalisées par l’ensemble des IPA
  2. des prescriptions dépendant du domaine d’intervention de l’IPA
 

1- L’ensemble des IPA peuvent notamment prescrire :

  • des programmes d’activité physique adaptée 
  • des soins et actes infirmiers, y compris le BSI 
  • des arrêts de travail jusqu’à 3 jours 
  • des transports sanitaires 
  • des bas et bandes de contention de classe 1 et 2 
  • des équipements de protection individuelle : EPI 
  • des compléments nutritionnels oraux 
  • certains antalgiques 
  • certaines solutions intraveineuses 
  • certains médicaments symptomatiques

Il existe également des prescriptions antibiotiques dans certaines situations, notamment fosfomycine-trométamol pour certaines cystites chez la femme de 16 à 65 ans et amoxicilline pour certaines angines à streptotest positif chez les patients d’au moins 10 ans, sous conditions de formation : l’arrêté du 7 août 2026 vient désormais préciser les conditions de formation.

A noter : la primo-prescription et le renouvellement doivent être distingués. Les prescriptions prévues par le dispositif IPA ne peuvent, en principe, être renouvelées sans concertation médicale, sauf dispositions spécifiques notamment dans le domaine des urgences.

2- Les cinq domaines d’intervention sont :

  • pathologies chroniques stabilisées, prévention et polypathologies courantes en soins primaires 
  • oncologie et hémato-oncologie 
  • maladie rénale chronique, dialyse et transplantation rénale 
  • psychiatrie et santé mentale 
  • urgences

Par exemple, dans le domaine des pathologies chroniques stabilisées et des soins primaires, l’IPA peut notamment prescrire certains antihypertenseurs de première ligne, certains traitements hypoglycémiants de première ligne chez le patient diabétique de type 2, ainsi que certains traitements hypolipémiants.

Dans le domaine de l’oncologie, la liste comprend notamment certaines classes d’antiémétiques, antalgiques et traitements destinés à la prise en charge de symptômes ou toxicités liés aux traitements. 

Le numérique : une ressource qui devient incontournable pour la prescription

Le numérique ne doit pas devenir une nouvelle charge administrative imposée aux infirmiers. Il doit au contraire permettre de gagner du temps, de sécuriser les pratiques et de renforcer la coordination avec les autres professionnels.

L’arrêté du 26 juin 2026 impose que les prescriptions soient inscrites dans le dossier patient ou le dossier médical partagé et que lorsqu’un produit fait l’objet d’un renouvellement à l’identique par l’infirmier, le pharmacien puisse consulter la prescription initiale grâce à un moyen de traçabilité disponible ce qui renforce l’importance :

  • de la traçabilité des prescriptions ;
  • de l’utilisation d’un logiciel métier adapté ;
  • de l’accès au DMP et à Mon espace santé ;
  • de la sécurisation des données de santé ;
  • et d’une bonne connaissance des règles de prescription.

Il ne s’agit pas pour l’infirmier de financer seul la mise à niveau de son logiciel cependant.

🟢 Présentation du dispositif LGC Vague 2 du Couloir Sage-Femmes et Paramédicaux

Le Ségur du numérique en santé franchit une nouvelle étape pour les infirmiers, les IPA et les autres professionnels paramédicaux exerçant en ville afin de moderniser les logiciels de gestion de cabinet (LGC), avec la parution le 15 juillet 2026 d’un arrêté qui définit le calendrier et les modalités pratiques du dispositif ainsi que les éléments techniques : DMP/Mon Espace Santé, INS, messagerie sécurisée MSSanté, authentification Pro Santé Connect, ordonnance numérique…

Il convient de distinguer le logiciel de gestion de cabinet (LGC) qui permet notamment de gérer le dossier patient, la facturation, les échanges sécurisés et certaines fonctions de prescription et le logiciel d’aide à la prescription (LAP) qui est un logiciel spécifiquement conçu pour aider à élaborer et sécuriser une prescription, notamment médicamenteuse.

Il est conseillé aux IDEL et IPAL de vérifier directement auprès de leur éditeur de logiciel pour savoir si

  • les conditions pour répondre aux exigences techniques du Ségur sont remplies ou prévues 
  • le LAP est intégré ou selon quelles modalités la mise à jour sera proposée.

Élargir les compétences ne doit pas signifier transférer les responsabilités sans les moyens

L’élargissement du droit de prescription constitue une avancée majeure pour la profession 👉 reconnaître de nouvelles compétences ne peut pas consister uniquement à transférer de nouvelles responsabilités vers les infirmiers, il faut aussi donner aux infirmiers les moyens d’exercer ces compétences : temps dédié, formation accessible et financée, outils numériques adaptés, accès aux données de santé, sécurisation juridique et reconnaissance financière des nouvelles responsabilités.

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