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Vagues de chaleur : quels risques et quelles solutions pour ses patients ?

La santé des personnes vulnérables est directement affectée par les vagues de chaleur. En France, c’est un excès de 33000 décès liés aux vagues de chaleur qui a été enregistré entre 2014 et 2022.

Par leur présence quotidienne au domicile de leurs patients, les infirmiers libéraux sont un lien primordial et une vigie pour les patients fragiles et isolés avec un rôle particulier à jouer en période de forte chaleur.

Face à l’augmentation générale des températures et avec les premières vagues de chaleur qui débutent, votre URPS vous propose un retour sur les recommandations en vigueur et ressources disponibles.

La chaleur a un effet immédiat sur les organismes et cela dès les premières augmentations de température.

Lorsque le corps humain est exposé à une augmentation de chaleur, il active des mécanismes de régulation de sa température (transpiration, augmentation du débit sanguin …) qui lui permettent de compenser l’augmentation de la température.

Toutefois, il peut arriver que ces mécanismes de thermorégulation soient dysfonctionnels et que des pathologies liées à la chaleur se manifestent : maux de tête, nausées, crampes, vomissements, déshydratation …

Il est donc important de se rappeler que les impacts de la chaleur sur la santé sont réels dès les premières augmentations de température, concernent l’ensemble des patients et ne se limitent pas aux phénomènes extrêmes comme les canicules même si ces dernières en montrent les effets les plus visibles.

👉 L’hyperthermie (coup de chaleur).
Il s’agit d’une augmentation de la température corporelle jusqu’à atteindre des valeurs qualifiées de dangereuses pour la santé de l’individu, notamment liée à une mauvaise thermorégulation du corps.

👉 La déshydratation.
Elle peut notamment se manifester par des lèvres sèches, des vertiges, une perte de poids ou encore une fatigue anormale.

👉 L’hyponatrémie (concentration trop faible en sodium dans le plasma sanguin).
Une personne qui boit beaucoup peut souffrir d’un désordre hydro-électrolytique défini par une concentration trop faible en sodium dans le plasma sanguin.
L’hyponatrémie peut se manifester par plusieurs symptômes : nausées, vomissements, dégoût de l’eau, asthénies, céphalées, confusions …
S’il convient de boire de l’eau, il convient donc également d’en boire de manière proportionnée afin d’éviter tout risque d’hyponatrémie.
Pour cela, il est préconisé de boire de manière régulière, en petite quantité, tout au long de la journée.

Certains patients sont plus à risque en raison de leur âge, de leurs pathologies ou encore de leurs conditions de travail et activité physique. En fonction de la situation du patient, l’infirmier libéral a un véritable rôle d’accompagnement pour personnaliser ses recommandations !

Pour vous accompagner dans la prise en charge de vos patients et pour les sensibiliser, Santé Publique France met à disposition des professionnels de santé et des citoyens des ressources pour adopter les bons réflexes en cas de vague de chaleur dont des affiches sur :

✅ Les bons réflexes (généraux) en cas de forte chaleur.
☀️ L’impact des fortes chaleurs sur les enfants.
🌡️ Les bons réflexes pour les travailleurs travaillant sous de fortes chaleurs.
🏅 L’organisation des rencontres sportives.

Santé Publique France met également à votre disposition des fiches synthétiques visant à prévenir les risques liés aux fortes chaleurs chez des publics spécifiques : enfants, personnes âgées, personnes dépendantes …

En résumé, pour se protéger avant :

👉 Les personnes âgées, isolées ou handicapées peuvent se faire connaître auprès des services municipaux pour figurer sur le registre communal pertinent.
👉 Il est conseillé aux personnes âgées, isolées ou fragiles d’entretenir un contact quotidien, même téléphonique, avec les membres de leur famille ou leurs voisins.
👉 Ne pas hésiter à demander conseil à un médecin, par exemple en cas de besoin d’une adaptation de traitement en vue d’une période de fortes chaleurs.

Et pour se protéger pendant une vague de chaleur :

🚰  Boire régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif (environ 1,5 litre d’eau pour les personnes âgées).
💧 Se rafraichir et mouiller son corps (au moins le visage et les avant-bras) plusieurs fois par jour par exemple en s’appliquant des linges ou un gant humide sur le corps et en se vaporisant de l’eau sur le visage.
⏰ Éviter de sortir aux heures les plus chaudes (11h00-19h00).
🧊 Maintenir le logement au frais (fermer fenêtres et volets la journée, ouvrir le soir et la nuit s’il fait plus frais).
🍺 Ne pas boire d’alcool.
🍉 Manger en quantité suffisante, si besoin en fractionnant les repas, des plats légers et riches en eaux (fruits et légumes …).

En cas de forte chaleur ou sous l’effet des UV, certains médicaments comme les diurétiques, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou encore sels de lithium peuvent représenter un risque pour la santé.

Ceux-ci peuvent augmenter l’élimination de l’eau ou altérer les fonctions rénales et majorer une déshydratation, déshydratation qui peut elle-même avoir des conséquences sur la transformation de certains médicaments dans le corps humain.

Pour limiter ces risques et mieux les appréhender, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) met à votre disposition :

👉 Une liste de médicaments susceptibles d’avoir des effets néfastes en cas de fortes chaleurs.
👉 Un guide sur le bon usage des médicaments en cas de vague de chaleur.
👉 Un résumé général sous forme de « Questions/Réponses ».
👉 D’autres ressources disponibles sur leur site internet.

Si vous considérez que certains médicaments pris par votre patient combinés aux fortes chaleurs jouent un rôle dans l’aggravation de ses pathologies, n’hésitez pas à en parler à son médecin référent. Des médicaments de substitution avec moins de désagréments peuvent exister.

L’Assurance Maladie et l’ANSM mettent à votre disposition des recommandations concernant les risques médicamenteux en cas de fortes chaleurs sur :

👉 La conservation des médicaments.
Chaque notice de médicament précise la manière dont il doit être conservé.
Au-delà des médicaments à conserver au réfrigérateur qui sont généralement bien identifiés, certains médicaments peuvent demander une conservation avec une température inférieure à 25°C ou 30°C même si une température plus élevée (telle que la température observée pendant une période de canicule), pendant quelques jours, peut ne dégrader pas ces médicaments.

👉 Le transport des médicaments.
La majorité des médicaments peut être transportée dans son emballage d’origine. Il convient toutefois d’éviter autant que possible une exposition directe au soleil ou à de trop fortes températures, qui peuvent par exemple exister dans une voiture fermée au soleil.

👉 Les médicaments particulièrement sensibles à la chaleur.
Certains médicaments tels que les ovules, suppositoires ou encore pommades peuvent changer d’apparence en se ramollissant voire liquéfiant lorsqu’ils sont exposés à la chaleur.
Il est alors conseillé de les préserver d’une exposition à des trop grandes températures en les stockant dans des endroits frais et en les transportant dans un emballage isotherme non réfrigéré.
Attention toutefois : il ne faut pas les conserver dans un endroit trop froid qui pourrait sinon également modifier leur apparence et leur consistance.

👉 Les lecteurs de glycémie.
Une attention particulière doit également être portée aux lecteurs de glycémie, notamment à bandelette. Ces équipements peuvent produire des résultats erronés ou afficher un message d’erreur en raison de fortes chaleurs. En cas de doute, un contrôle supplémentaire peut être à effectuer.

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